Sans thyroïde, et en-vie

Christelle

Christelle

Je suis née sans thyroïde. 

Ou Hypothyroïdie congénitale, dit proprement. En pratique, cela signifie que ma thyroïde est incapable de sécréter puisqu’inexistante ou d’une taille infinitésimale. Inférieure à 1 mm.

Il s’agit d’une glande de la forme d’un papillon située à l’avant du cou, devant la trachée, et s’occupe de sécréter des hormones qui interviennent à tant de niveaux : Système osseux, système nerveux, les muscles, le rythme cardiaque, le tube digestif, etc.

En fait, la thyroïde est importante pour une harmonie dans le corps humain.

Et, j’ai eu la drôle d’idée de naître sans. 🤗

… mais pas sans rendez-vous avec la Vie.

À 24 ans, j’atterris sur le tarmac brûlant en Nouvelle-Calédonie. Deux mois plus tard, je commence à travailler au Centre médico-social de Kouaoua et connecte avec l’essence du métier d’infirmière que je désirais. C’est au cours de cette expérience que le basculement se fait. Un jour, je me réveille et me rend compte que cela fait 1 mois que je n’ai pas pris mon traitement matinal. 

Ce traitement matinal dont on m’avait dit un jour qu’il m’était indispensable pour vivre. 🧐

En 2012, une échographie révélait sa taille physique toujours infinitésimale. Je n’avais donc pas créé de thyroïde mais une lumière s’est allumée. Mon bien-être au quotidien, était en moi lorsque j’étais à ma place. Naturellement, j’ai apprécié de ne plus être soumise aux effets secondaires, j’ai commencé à écouter mon corps. D’abord pour savoir si je loupais quelque chose comme symptômes puis, pour en apprécier la sérénité.

Sauf deux questions-racines qui me taraudaient : 

Comment était-ce possible ?

Qu’est-ce que cela signifiait ?

La Vie a répondu à mes questions… 

Sur mon chemin, sont venues de plus en plus facilement et rapidement, les personnes et expériences avec qui je pouvais avancer. La première clef de mon évolution était ma thyroïde, son absence physique. Un lieu rattaché à la gorge et donc à l’Expression de Soi, de la Créativité, du passage de l’Intérieur à l’Extérieur, de ce qui doit être dit, révélé.

Aujourd’hui, cela me paraît évident et fluide mais je ne saisissais pas toujours les merveilleux apprentissages que j’allais faire. A savoir que merveilleux à cette époque, n’était pas nécessairement serein, et c’est parfait car l’absence de recul m’a permis d’accueillir ma sensibilité! 

Un changement de lieu d’exercice professionnel s’est présenté. J’ai désiré très fort intégrer le Centre Pénitentiaire de Nouvelle-Calédonie. Un milieu d’exercice que j’avais découvert 2*1 mois en France métropole, et exploré au cours de mon mémoire. Un mois après, un poste s’ouvrait. 25 ans. J’accédais à l’Île des Oublié.e.s. Lieu où la communication est tour à tour anarchique, violente, morte. 

Ainsi, hors des murs, je rencontrais des personnes aux pratiques alternatives, et grandissais pour enrichir ce carcan de la médecine occidentale en dedans.

Cinq années qui ont ouvert des portes, abattu des murs, rompu des barbelés en moi, et créé des ponts avec des êtres pour des ouvertures de cœur et des éveils de conscience.

Dans toutes ces alternatives, ce qui m’animait à chaque fois, était simple : la Curiosité de saisir le sens et la mécanique plutôt que m’interroger si cela m’apporterait quelque chose sur un plan privé. Le Trésor résidait en cela et ressemble à une sagesse :

Il n’y a point de chemin vers le bonheur. Le bonheur, c’est le chemin.       [Lao Tseu] 

J’ai aussi appris à écouter les réponses,

Mais doucement… car on exerce, trébuche, se relève, mange un arbre, et puis on recommence à avancer (en regardant devant soi).

J’en ai reçu lors d’un concours photo, une création de titre Coup de Coeur du Jury, juste pour moi. Le gain d’un prix spécial pour un concours d’écriture. Des distinctions concrètes, mais que l’on peut toujours modérer et taire. Comme des destinations.

Et puis…

Au détour d’un atelier d’écriture, on lit un deuil non fait qui s’écrit. Au cours d’une certification de praticienne Enneagramme, la révélation de l’artiste étouffée. En pleine transition professionnelle, une découverte de potentiels. Avec l’effeuillage burlesque, mon corps. Dans le féminisme inclusif, l’Amour de Soi. Et après une nuit noire de l’âme, une (re)naissance. Autant de chemins.

🤗

Tant d’ellipses m’apparaissent.
Tant d’instant qui m’ont conduit à réunir mes polarités…

Artiste. Féministe inclusive. Intuitive.

A tous les niveaux, je poursuis les explorations. J’ai fait face à des bourrasques, à des rejets. A de la colère et de l’incompréhension. J’ai regardé, pansé, pensé puis guéri. J’ai pardonné ou attendu mon bon moment. J’ai regardé ma façon d’appréhender les évènements. J’ai libéré et fait preuve d’honnêteté pour créer consciemment ma réalité. J’ai observé ce qu’il se passait conjointement à l’extérieur et à l’intérieur, pris plaisir à réaliser chaque chose dans la Joie, à cultiver la confiance et la conscience de Soi, à trouver le sens qui vibre pour mon Âme. J’y ai mis du cœur et de la foi… Et un jour, tout s’est aligné. 

Ma Voiex s’est ouverte dans l’alliance de ces trois polarités…

J’ai eu (un peu) peur mais j’ai franchi un pas pour créer ce pour quoi j’œuvre aujourd’hui. Mais au fond, en lieu et place de la peur, c’est de l’excitation, de l’enthousiasme. Je suis enchantée d’imaginer que des personnes vont lire ces mots. (Coucou!)

Dans ton chemin vers toi, souviens-toi que tu TE connais.

Nombreux·ses personnes du corps médical et paramédical ont tenté de me faire croire qu’iels savaient mieux que moi ce que je vivais. Je ne mettais pas encore le mot de paternalisme, je ne me rendais pas encore qu’iels étaient des soi-niant·es.

J’en étais une moi aussi.
Soignante et soi-niante. 
Je m’oubliais.
Je reniais ce que me disait mon corps.
Jusqu’à ce que je dise stop avec elleux, jusqu’à ce que me dise Oui.
Tout doucement, mais sûrement.

A toi d’apprendre à t’écouter maintenant.
Ouvre ces portes en toi.

Join the Conversation

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Comments